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Dans la plaine assoupie un homme calme et pâle
Contemple avec émoi, dans les sillons gelés,
Le reflet de l'église aux pierres bosselées.
Le son grave d'un glas résonne comme un râle.

L'espace se déforme en image trompeuse
Et l'homme s'aperçoit que les  lignes ont fui
Vers ces arbres noyés dans un étrange ennui.
Au loin s'en va voler quelque vague brumeuse ...

Lui faudra-t-il encore inventer des lumières
Pour animer le ciel de torsades bleutées
Et d'étoiles, toujours, avec courroux, jetées
Sur sa prochaine toile aux flammes outrancières ?

Il sait tout le pouvoir de l'ambre, du cinabre
Il connaît la douleur du fauve incandescent
Du céladon menteur et d'un rai flavescent
Que son pinceau maudit, en mille coups de sabre

Projette dans le noir de son âme fragile !
Seul, Théo le comprend et pardonne avec tact
Son errance et ses peurs ! Sans cet amour intact
Vincent eut cru longtemps toute couleur stérile !

Ils reposent en paix, unis dessous le lierre ...
En silence je vais, au gré de mes saisons
M'incliner humblement devant leurs deux prénoms
Leur offrir mon estime, et tendre et familière.

Cécile Arielle 28 Octobre 2010

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